(em)barque

 

 

“Si cette vie que bat le vent de mille maux
Est plus fragile encore qu’une bulle sur l’eau,
Il est miraculeux, après avoir dormi,
Inspirant, expirant, de s’éveiller dispos!”

– Nagarjuna

 

 

 

3




L'eau turquoise qui danse
Dans le constant murmure de ses vagues
Est une jeune fille criant à l'aide d'une voix étouffée
Quand l'emprisonne la glace hivernale.

Les scintillantes prairies en fleurs bourdonnantes d'abeilles,
Sitôt mordues par le gel des matins d'automne,
Se muent en plaines désertes et fantomatiques
Qui gémissent d'angoisse avant l'assaut de la grêle.

Rat blanc et rat noir - le jour et la nuit -
A tour de rôle grignotent la frêle paille de notre existence.
Et nous, à chaque instant, nous faisons un pas
De plus vers notre ennemi, la mort.

Quand les vieillards pleurent la perte de leur fils,
Le corps tremblant comme un arc ployé
Et les cheveux blancs comme une conque,
Qui soutiendra que les vieux meurent les premiers?

Gounthang Tenpai Drönmé



2

 

 

“Le pardon, s’il y en a, ne doit et ne peut pardonner que l’impardonnable, l’inexpiable – et donc faire l’impossible. Pardonner le pardonnable, le véniel, l’excusable, ce qu’on peut toujours pardonner, ce n’est pas pardonner.”

– Jacques Derrida (Le Pardon)

 

 

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