mer.veille

 

 

 

 

You know certain places the way you know a c.lover that changes too but is always there to soothe y.our pains and make you smile. If only because of the times shared together, dreaming, and of finding each other year after year after year.

 

 

 

 

 

 

 

Temps irlandais

Très fatiguée après les mois qui viennent de passer, un printemps – été par certains aspects affligeant.

Arrivée à Dublin, tard. La nuit promène une junkie, seule à mendier; en descendant du bus vers l’auberge, déjà un moment d’impuissance. Ne-pas-pouvoir-aider se guérit difficilement, alourdit le pas.

A l’auberge, le sommeil est quasi instantané, parfois animé de vagues sons de fête. Toute la nuit, la chambre voisine a hurlé sa fête. Je n’ai rien entendu, ou presque. Ce qui n’a pas été le cas d’une Allemande de la chambre, partie réveiller les Anglais enfin endormis dès le calme arrivé pour leur demander de refaire la fête, avec elle. La réponse a eu de quoi la rendre encore plus furieuse: le jeune homme à la porte n’était pas là, n’a aucune idée de quoi elle parle. Une tornade revient dans la chambre. Un Polonais lui dit de trouver un hôtel, que ceci est une histoire d’auberge de jeunesse. Je me rendors. Au réveil, la tornade allemande est partie, la meute anglaise dort et l’ouvrier polonais se préparant pour son shift de travail fait ses bagages pour aller dans un hôtel pas cher. On aurait dit une caricature de vacances.

Il reste pas mal de temps avant le train, au moins de faire la file pour aller aux toilettes. Une religieuse en robe bleue marine et voile gris clair attend aussi, son rollateur à la main. Elle n’en peut plus, se dirige vers les toilettes des hommes en indiquant qu’il y a une toilette (pour personnes en situation de handicap) là-bas aussi. Un moment de confusion. Un responsable des toilettes intervient alors, lui fraie un chemin parmi les femmes en attente pour l’amener à bon port. Par temps de questions sur les toilettes unisex / neutres*, les tables à langer chez les hommes aussi, une nonne était peut-être avant-gardiste, pas (seulement) pressée.

Westport. A la caisse d’un supermarché, un garçon s’excuse d’être arrivé trop tard pour mettre mes achats dans un sac. Je lui demande pourquoi. Il explique qu’il le fait avec d’autres, que je vois en levant mon nez, pour récolter des fonds pour la prévention au suicide.

 

 

 

 

J’oubliais. J’oubliais à quel point cette terre peut être belle, et rude.

 

 

* Par exemple (en anglais) : https://www.theguardian.com/news/datablog/2019/sep/05/gender-neutral-bathrooms-can-save-women-from-waiting-forever-in-line

 

 

 

 

 

 

 

“Avant de vouloir prendre soin d’autrui, il faut d’abord être capable de s’aimer soi-même. L’amour de soi ne s’appuie pas sur un sentiment de dette personnelle dont nous serions redevables envers nous-mêmes, mais simplement sur le fait que, par nature, nous aspirons tous à être heureux et à ne pas souffrir. Ce n’est qu’après avoir accepté cette bienveillance à l’égard de soi qu’il est possible de l’étendre à tous les autres.”

– Dalai Lama*

 

 

 

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* https://www.matthieuricard.org/pensees/64