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des cheveux blancs

Ne pas bouger. Comme des modèles.

“Mourir n’est qu’une façon particulièrement exacte de vieillir”, dit Alessandro Baricco, tandis que le proverbe “Les vivants ferment les yeux des morts, les morts ouvrent ceux des vivants” peut être une révélation.

On a tout le temps, sans temps. C’est à en donner des cheveux blancs d’être à l’heure du dernier rendez-vous. “Le vieillissement est d’abord social. Nous vieillissons parce que les recommencements nous sont de moins en moins possibles…” selon André Gorz. Cascades invivables de beauté sans souffle, statues vivantes qu’on voudrait voir pleurer de rire. Quelles sociétés donnent si peu de choix?

In situ. Cette intimité lointaine du portrait de la situation d’isolation avec l’exigence d’exactitude sonne bloc pétrifié, ne changeant qu’avec les éclairages du temps, de la lumière, des passages d’ombres dans les couloirs des habitudes. Ne pas bouger, ça risque de claquer. Ne pas bouger. Comme des modèles. Mais la musique, elle, est partout. Elle résonne dans nos battements d’ailes internes, percussions humaines. Il y avait plus d’insectes sur les parebrises, avant. Symphonie aigre-douce, comme dans une chanson pleine de verve d’il y a quelques années de trottoirs qu’on n’ose plus aborder par heure de pointe, qu’on aimerait arpenter par heure de pain.

La peur et l’amour mettent face à un degré d’impuissance acceptable ou inacceptable. L’un fige, l’autre lâche prise, et encore, entre condition X et condition Y. Voire Z. Conditionnements, jusqu’à la dernière inspiration.

Ne pas bouger. Les statues ne meurent pas, elles. Elles s’usent.