A l’ombre d’une pause


Certaines histoires semblent invraisemblables,
une fois passées:


"De parler avec leurs moignons dans la bouche
 ça faisait l'effet d'un cri de bêtes et ça les
 gênait de ressembler aux bêtes par le hurlement;
 et c'est sur ça, justement qu'ils avaient compté,
 ceux d'en bas, en maniant le couteau à langues.
 Alors, ils ont inventé de s'appeler avec des harmonicas
 qu'ils enfonçaient profond dans la bouche pour
 pouvoir jouer avec le bout de langue qui leur restait.
(...)


Pause.


 

 

 

 


Reprise.


(...)
... tombe la veste et couvre le mulet.
- Si des fois il prenait froid, qu'il dit, 
 comme tout honteux de la chose.
Je reste un moment sans parler, puis je dis:
- Et toi, si tu prenais froid, des fois?
Il a son petit rire en bruit de fagot.
- Moi, qu'il dit, si je me pose là, au beau courant d'air, 
 je le veux bien, c'est de mon vouloir, mais la bête, 
 c'est tout niais, sans bras devant le mal. Alors si c'est pas 
 un peu nous qui prenons sa défense, qui ça sera?"

    - Jean Giono (Un de Baumugnes)



 

 

 

Des chemins de romarins semés de glands inconnus, des crêtes de pierres – sapins adoucies en fin d’été, des hirondelles, encore, en marchant sur les pierres craquelées de ruisseaux secs ; le coeur bat au ralenti, se pose.

En respire la gratitude, sans pourquoi, même bourrique.

 

 

 

 

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